Critique :
C'est autour d'une bouteille de champagne
dont ils ne cesseront de différer
l'instant propice pour faire sauter le
bouchon des réjouissances dans
un huis clos agrémenté d'un
simple canapé que pendus à
un téléphone, véritable
diktat de l'humeur générale,
les trois protagonistes qui s'avéreront
effectivement quatre, vont lever l'hypothèque
des bons sentiments semblant les réunir!...
Comédie sociale démontrant
la lâcheté et l'égocentrisme
de tout un chacun, toujours plus soucieux
de ses intérêts propres que
d'un désir pourtant ostensiblement
affiché d'aider le prochain!...
Entre la désillusion de se "faire
plaquer" et l'amertume de se "faire
arnaquer", la hantise de l'un ne
peut rien changer à l'obsession
des des deux autres, d'autant plus que
le quatrième en apparaissant comme
"le mort" d'un bridge virtuel,
agit comme un empêcheur de ne pas
tourner en rond!...
Victor suspecte Patrick de le tromper,
mais le couple Marc et Sergine tente de
le rassurer alors même qu'un tissu
de mensonges a peu à peu submergé
leurs liens d'amitié et qu'il sont
eux-mêmes en proie à une
inquiétude irraisonnée d'être
victime d'une corruption immobilière!...
La mise en scène de Patrice Kerbrat
agite les quatre rôles comme autant
de marionnettes qui seraient prises dans
la nasse d'un filet que ceux-ci ne cessent
de construire à l'instar d'une
araignée désemparée!....
L'interprétation se veut distanciée
d'une angoisse réaliste mais aboutit
à une parodie de personnages dont
la crédibilité se cherche
à tâtons dans un jeu de cache-cache
avec le faux-semblant!....
Roland Giraud et Stéphane Hillel,
comme les deux faces d'une même
médiocrité, progressent
dans une lutte aveugle dont Maaïké
Jenken assurera l'arbitrage palliatif
et dont Tristan Girard viendra à
son insu sonner le glas, dans un happy-end
en trompe-l'oeil!...
Davantage bande dessinée que psychodrame,
le spectateur hésite dans un étrange
malaise sur son adhésion avec le
ton de la pièce, en pressentant
toutefois qu'il aurait sans doute été
contre-performant de s'appesantir sur
la subjectivité des ressentiments
!...
Daniel Besse, l'heureux auteur de la
pièce "Les Directeurs"
aurait-il pu réussir présentement
un second coup de maître?
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